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CHAPITRE XVI

LES AMES DES ANIMAUX


ET LES « AMES NON INCARNEES »

NE question a été souvent posée, pour savoir si


nos frères inférieurs ont une âme et ce qu'elle
devient après la mort. Cette question laisserait
aussi supposer, parfois, que chaque animal a
une âme distincte et séparée, sans lien ni rela-
tion avec aucune autre âme dans l'univers.

Il est bien évident qu'il ne nous est pas possible de


savoir, en ce qui· concerne cette âme que l'on suppose aux
animaux tout ce que nous avons été à même d'apprendre
sur l'âme humaine; mais nous savons, cependant, qu'il
existe une âme-groupe pour tout le règne animal, de
même que pour toutes les créatures humaines de l'univers.
Cette essence animique universelle pénètre dans le corps
de chaque entité vivante du règne animal. Nous pouvons
ajouter, à ce propos, qu'il existe aussi une essence animique
universelle pour chaque chose vivante du règne végétal
et du règne minéral. Sans Jucun doute, la personnalité ou
l'élément caractéristique de l'âme de l'animal passe par
des stages d'évolution et de développement semblables à
ceux de l'âme humaine. Je veux dire par là que ce qui
caractérise la personnalité animique d'un chien, par
exemple, évoluera et progressera .à travers différentes
incarnations, jusqu'à ce qu'elle soit bien dressée et qu'elle
ait atteint un certain degré d'intelligence. Autrement dit,
le caractère personnel animique d'un fox-terrier se réincar-
nera successivement dans des corps d'autres fox-terriers,
et évoluera ainsi jusqu'à ce qu'il atteigne un niveau élevé
d'intelligence, c'est-à-dire jusqu'à un certain degré de per-
fection et il commencera alors. un nouveau cycle d'incarna-
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LES DEMEURES DE L'AME

tions, dans le corps d'un animal plus grand, ou supérieur


au point de vue développement.
Considérant le cycle à ce point de vue, nous pourrions
dire que les personnalités animiques du règne animal
passent par différentes incarnations, dans chaque espèce,
et recommencent alors un nouveau cycle à un stade suivant
d'évolution animale plus élevé et plus avancé. Une étude
faite par des spécialistes sur l'intelligence des animaux a
révélé qu'il existe un stade progressif de l'intellect dans
le règne animal. Le cheval est considéré par certains de
ces spécialistes comme étant le plus hautement évolué au
point de vue de l'intelligence; d'autres pensent que c'est
le chien. L'éléphant occupe un rang assez élevé dans cette
ligne de progression. Aucune tentative n'a jamais été faite
pour classer convenablement, à ce point de vue, les diffé-
rentes espèces d'animaux, et cette question n'a jamais été
l'objet de l'étude sérieuse et de l'attention qu'elle mérite.
Théoriquement, il se peut que l'âme animale commence
son premier cycle d'incarnations terrestres dans les espèces
tout à fait inférieures, les plus petites et les moins impor-
tantes. La taille de l'animal ne peut être l'un des facteurs
déterminants du progrès intellectuel, car il est bien connu,
par exemple, que l'abeille et la fourmi ont à peu près le
même degré d'intelligence, bien que leurs tailles respectives
soient très différentes. Un grand nombre d'animaux beau-
coup plus petits que les plus grands serpents témoignent
cependant d'une intelligence bien supérieure à celle de ces
derniers et d'une grande habilité en toute circonstance où
celle-ci est nécessaire . Le rhinocéros , · avec son corps
énorme, est loin d'arriver au niveau d'intelligence de beau-
coup de petits animaux . .
Il y a chez les animaux domestiques, du fait de leur
association avec l'homme, un facteur incontestable de
développement des caractéristiques personnelles de leur
âme animale. Une question reste à résoudre par une étude
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LA CONCEPTION COSMIQUE

approfondie, afin de savoir si ce développement particulier


de l'intellect de la part de ces animaux est dû au dressage
spécial et objectif que l'homme leur a imposé, ou bien
si la nature a voulu spécialement que certains animaux
soient plus développés par la qualité de leur intelligence,
dans le but de servir l'homme plus efficacement. Ceux qui,
par exemple, ont durant de longues années consacré leur
temps à cette étude, ne sont pas encore arrivés à une
conclusion pour déterminer si, aux Indes et en autres pays,
c'est la domestication des éléphants, par l'homme - qui
les a dressés à faire des travaux si utiles et à rendre des
services si remarquables - qui a eu comme résultat le
développement à un très haut degré de l'intelligence de
l'éléphant; ou bien si ce développement est dû à la concep-
tion cosmique du caractère personnel animique de l'élé-
phant, afin qu'il puisse servir l'homme de différentes
manières. Cette dernière thèse semble être l'opinion la
plus répandue; mais elle tient compte, cependant, des
effets que le dressage par l'homme a pu avoir sur l'intelli- ;
gence de cet animal. Il est tout à fait possible, en effet, que
l'éléphant ait été prédestiné à servir l'homme, comme il
le fait, et qu'il soit né avec une intelligence déjà très déve-
loppée, dans le bht de rendre des services particuliers, et
que celle-ci ait encore évolué et ait été fortifiée par le
dressage et par l'association avec l'homme.
En ce qui concerne la structure anatomique et les carac-
téristiques physiologiques particulières à certains animaux,
nous savons que ceux-ci ont été préparés selon un plan
cosmique, et ont évolué selon une ligne spéciale pour
occuper la place qui leur a été assignée dans l'ordre des
choses et pour leur permettre de vivre dans des conditions
spéciales. Le chameau, par exemple, est spécialement équipé
pour lutter contre les difficultés de la vie au désert, où
l'eau est si rare, et contre les tempêtes de sable et autres
conditions des terrains désertiques. La question de savoir
si l'animal a évolué graduellement vers son état physiolo-
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LES DEMEURES DE L'AME

gique actuel, ou s'il a été créé, dès l'origine, avec ses carac-
téristiques spéciales, ne rentre pas dans le cadre de cette
étude. Sans aucun doute, la lutte continuelle contre certai-
nes conditions ou éléments de la vie du désert à contribué
à développer, dans chaque génération successive de cette
espèce animale, une créature mieux préparée et mieux
adaptée, par sa robustesse et son endurance, à faire face
à ces conditions difficiles. S'il en est ainsi au sens physiolo-
gique, à plus forte raison doit-il en être de même au point
de vue de l'intelligence et du caractère spécifique.
Cependant, l'idée que l'âme d'un animal, inférieure en
développement à cette de l'homme, peut éventuellement
évoluer jusqu'à un degré tel de perfection qu'elle est alors
préparée à s'incarner dans un corps humain comme une
sorte d'âme humaine primitive, a son origine en d'anciennes
croyances et ne s'appuie sur aucun des faits réels mis en
lumière par ceux qui ont passé leur vie à étudier cette
question.
Il est probablement vrai que le corps physique de
l'homme, au point de vue anatomique et physiologique, a
passé par de nombreuses phases d'évolution matérielle. Il
ne fait aucun doute que les formes de l'homme primitif
étaient grossières, sans beauté, beaucoup plus simples et
moins affinées que celles de l'homme d'aujourd'hui. Les
recherches faites à ce sujet tendent toutes à prouver que
la forme physique de l'homme, de l'apparence quasi
bestiale qu'elle avait à l'origine, a atteint, par des étapes
progressives, les proportions plus harmonieuses qu'elle a
aujourd'hui.
Si nous retournons en arrière, et si nous remontons
jusqu'à la période où, dans le développement physique
du corps de l'homme ses bras étaient beaucoup plus longs,
ses pieds plus grands, ses aptitudes mentales ou intellec-
tuelles moins développées, ses narines plus larges, ses
oreilles plus grandes et les muscles plus forts, cela ne nous
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LA CONCEPTION COSMIQUE

autorise cependant pas à croire que l'on peut suivre rétros-


pectivement cette ligne de développement jusqu'à un point
où sa forme n'était plus celle d'un homme, mais celle
d'une véritable bête. En d'autres termes, le fait que la
forme de l'homme dans son état primitif se rapprochait
plus ou moins de celle d'un animal, ne justifie pas la
croyance qu'à une époque antérieure de son développement
l'homme faisait partie de l'espèce simiesque ou de toute
autre espèce. En tant qu'espèce distincte, l'homme fut
créé en même temps que toutes les autres espèces ani-
males. Bien qu'à une certaine époque de son évolution,
son corps ait été à peine dégrossi, il était cependant,
même en ces temps lointains, tellement supérieur à toutes
les autres espèces du règne animal, qu'il représentait sans
aucun doute le type le plus achevé de la création, car il
avait certaines facultés et certains attributs physiologiques,
outre les caractéristiques de son âme, qui en faisaient
essentiellement une image de Dieu, bien loin au-dessus de
toute autre créature . /'
Le milieu où l'homme se trouvait et son mode de vie
ont eu une certaine influence sur les changements physio-
logiques qui se sont produits dans son corps. Par contre,
c'est à son évolution mentale et également à l'évolution de
son âme, d'une incarnation à l'autre, que sont dus les
changements dans ses conditions de vie, dans son entou-
rage, et dans les perfectionnements qu'il a apportés dans ~
son existence. L'âme humaine a toujours lutté pour attein-
dre un plus haut degré de développement, pour arriver
à la perfection, et a toujours tendu vers un idéal d'harmonie
cosmique et vers son union éventuelle avec Dieu. Cela seul
contribuerait déjà à élever l'homme graduellement vers
un milieu plus favorable, qu'il créérait pour lui-même, et
s'il est vrai que ces améliorations ont eu leur réaction sur
son état physique, il n'est pas moins vrai que c'est l'homme
qui a créé son milieu, son entourage, et non le milieu qui
a fait l'homme . L'usage des chaussures a eu une influence
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LES DEMEURES DE L'AME

considérable sur la formation du pied humain et en aura


certainement une plus grande encore, dans les siècles à
venir, car le corps humain s'adaptera progressivement aux
conditions physiques ainsi imposées; mais après tout,
c'est bien l'homme qui a inventé la chaussure et qui est
responsable de l'effet qu'elle a eu sur lui; il en est de
même pour bien de choses dans sa vie . Cependant, le plus
grand effet sur l'être humain physique a été produit par
le développement intérieur de son intellect et de son âme.

Quant à l'âme de l'animal le plus développé, nous ne


pouvons dire ce qu'il en advient. Si nous écartons l'idée
que l'âme d'un animal hautement évo'lué puisse un jour
revêtir le corps d'un homme encore à l'état sauvage, pour
y commencer sa carrière comme âme humaine, il ne nous
reste aucune explication et nous ne pouvons comprendre
le but final de l'évolutlon dans l'âme animale.

Des raisons sentimentales ont naturellement porté cer-


taines personnes à penser que l'âme d'un animal domesti-
que très choyé, én particulier d'un chien qui aurait fait
preuve d'une intelligence très développée et aurait mani-
festé, par certains traits de caractère, qu'il comprenait les
pensées humaines, pourrait un jour, devenir l'âme primi-
tive d'un être humain. Il n'y a, en cette idée, aucune marque
d'irrévérence envers les décrets divins et elle n'est pas mau-
vaise en soi, mais elle n'a aucune base solide et aucun fait
probant ne vient l'appuyer. Prenons comme exemple ce
chien si étonnamment intelligent qui accompagna le capi-
taine Byrd dans son expédition au pôle sud, et qui fut
tout le temps le conducteur du groupe des autres chiens
qui menèrent le premier traîneau à travers des régions
qu'ils n'avaient pas encore parcourues dans les expéditions
antérieures. Il fit preuve d'un niveau très élevé d'intelli-
gence, de compréhension et d'intuition. Lorsqu'il fut
blessé, il voulut cependant continuer à braver les tempêtes
du pôle sud et il parut si désespéré de ne plus pouvoir
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LA CONCEPTION COSMIQUE

conduire le premier traîneau qu'il fallut se résoudre à


l'abattre et à l'enfouir dans la glace de cette partie dénudée
du monde, pour ne pas le laisser mourir de froid et de
faim et lui éviter des souffrances auxquelles aucun des
membres de l'expédition ne pouvait songer sans horreur.
Que peut-il advenir d'une telle âme animale, de cette entité
canine développée à un si haut degré ? Ceux qui aiment
les chiens voudraient croire qu'ils renaîtront un jour et
atteindront un niveau d'évolution encore plus élevé. Cela
est possible, mais rien ne justifie la croyance que le déve-
loppement d'une âme de cette sorte s'effectuera dans le
corps d'un être humain, fût-il même à sa plus primitive
forme de développement.
Tout ce que nous savons sur l'âme humaine indique
qu'elle fait partie de l'âme divine universelle, qui est la
conscience et l'essence de Dieu; et que cette essence cons-
ciente et créatrice pénètre dans tous l'univers, émanant de
Dieu, qui réside ainsi en l'image faite à Sa propre ressem-
blance dans une espèce définie du règne animal, appelée "'-
homme. Cette âme divine universelle qui est la source de
toutes les personnalités animiques humaines dans l'uni-
vers entier doit demeurer toujours intacte, puisque Dieu
a créé le genre humain et n'a rien ajouté ni soustrait à sa
création par aucun des processus d'évolution qui sont le
propre des manifestations inférieures de la nature.
Un autre problème intéressant relatif à l'âme humaine~
est celui qui a trait à ces âmes ou personnalités qui, étant
destinées à entrer dans un corps humain au moment de
la venue au monde de celui-ci, en sont empêchées par quelque
accident survenu à ce corps. On se demande souvent ce qui
arrive dans le cas des enfants mort-nés, ou lorsque l'embryon
n'a pas atteint son développement complet.
On doit noter que l'âme ou la personnalité humaine n'en-
tre en fonction dans un corps humain qu'au moment où
le premier souffle de vie est aspiré par l'enfant. Il est
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LES DEMEURES DE L'AME

reconnu que l'âme destinée à entrer dans un corps plane


au-dessus de la future maman et semble entourer la mère,
et le bébé qui doit naître, pendant quelque temps avant la
naissance. Sans doute , un peu de l'essence de cette âme
imprègne déjà à la fois la mère et l'enfant, mais l'âme ne
commence à fonctionner qu'au moment où l'enfant prend
sa première insufflaJion et lorsqu'il est devenu une entité
distincte, au sens physiologique et psychologique du mot.
Dans toutes les écritures saintes et mystiques du passé,
nous retrouvons cette idée qui est exprimée dans le livre
de la Genèse, d'une façon simple mais catégorique. Le corps
humain est formé du limon, ou éléments de la terre, mais
ne devient une âme vivante qu'au moment où le souffle de
vie est répandu sur son visage, ou introduit dans son corps
et « il devient alors vivant en sa conscience et en ses
fonctions ».

C'est ainsi qu'une âme attirée du cosmique vers un


enfant qui doit naître, enveloppe le corps de la mère et de
l'enfant en attendant la naissance. Si le petit corps vient au
monde sans vie, ou ne respire pas, s'il arrive avant terme,
s'il est détruit ou blessé dans les premiers stades du déve-
loppement embryonnaire, l'âme n'entre pas alors dans le
corps, au sens fonctionnel. Aussitôt que le petit corps est
séparé de la mère, n'est plus vivifié par elle mais reste
entièrement inanimé, l'âme en attente retourne, avec son
essence vitale au cosmique d'où elle est émanée et elle ne
s'incarne pas dans ce corps pour y vivre sur le plan terres-
tre.

Nous ne savons pas quel effet peut être ainsi produit sur
l'âme et il serait vain d'exprimer une opinion à ce sujet,
quelle qu'elle soit . Si toutefois, le petits corps a respiré
quelques instants seulement, ou si les organes ont commencé
leurs fonctions physiologiques, ne serait-ce qu'une heure
ou deux, l'âme est entrée dans le corps et a commencé sa
carrière terrestre. Si la mort survient ensuite, elle se pro-
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LA CONCEPTION COSMIQUE

duit dans des conditions similaires à celles qui se manifes-


tent à n'importe quel autre moment de la vie de chaque
individu. C'est tout ce que l'on peut dire de positif à ce
sujet.
L'idée que toute destruction ou blessure faite à l'embryon
est préjudiciable à l'âme est purement hypothétique, bien
qu'elle témoigne d'une conception morale parfaitement légi-
time et respectable. Incontestablement, la destruction d'un
corps humain ou de l'embryon à n'importe quel stade de
son existence, depuis le moment de sa conception jusqu'à
sa maturité, est une faute contre le processus de la nature
et par conséquent, un péché contre les lois divines. Mais
c'est une erreur de croire que la destruction, ou une blessure
puisse avoir quelque effet sur l'âme de l'enfant, car
même après la naissance, aucune blessure faite au corps
physique de l'être humain ne peut causer un dommage
quelconque à l'essence et à la conscience immortelle de
l'âme divine. '

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